Un voyage plus important encore...

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Un voyage plus important encore...

Message par Lolo le Sam 28 Jan - 19:31

J'ai écris cela en écoutant cette musique, je te la conseille pour l'ambiance lors de ta lecture.


Tu sembles comme en train de flottée dans un demi-sommeil, la sensation est reposante et l'air léger qui caresse ta peau est agréable. Le bruit qui te sort lentement de ta torpeur est un bruit d'eau, qui coule sereinement.
Tes yeux s'ouvrent sur un spectacle saisissant de beauté, tu reposes sur un banc de bois, lisse qui lui même repose dans un jardin verdoyant. La couleur semble plus forte que d'habitude, comme si elle émanait des objets. Ce jardin est rempli d'herbes qui s'agite au gré du vent et se couvre de stries plus clairs lorsque l'herbe se couche sous la force de l'élément.
Un mur haut d'1m50 au maximum semble cerner de part en part ce petit endroit idyllique, et étrangement ce qui a l'air au-delà ce minuscule petit territoire semble sans intérêt, de vastes paysages, qui, bien que grands, semblent pâles, fades.

En te concentrant à nouveau sur le jardin, tu te rends compte d'où vient le bruit de l'eau, un mince filet sort d'une statue de poisson à la bouche grande ouverte, elle est accolé au mur de droite, et est plus grande que toi, sa bouche est si large, que tu pourrais y entrer toute entière, d'ailleurs tu n'en vois pas le fond, peut-être est-ce un passage? Soudainement tu te rend compte que l'eau limpide reflète une couleur dorée, et tu comprends que cette couleur vient de l'intérieur de la bouche de la statue.

Tu remarques contre le mur gauche, une effrayante et pourtant fascinante représentation d'un scorpion, quoique, sa tête semble être celle d'un poisson, mais ses pieds sont des serres d'aigle? Cette étrange sculpture en bois, attend est-ce du verre foncé, ou de la glace boueuse? Plus tu y prêtes attention plus il est difficile de déterminer ce qu'il représente et ce qui le compose. Les seules choses dont tu es sûre, c'est qu'il a une queue de scorpion à l'extrémité arrière, et que quelque soit la tête, ce tableau ... bas-relief ... sculpture?  t'a fait un clin d'oeil, à l'instant!

En face de toi près du mur du fond, il te semble voir une personne, qui étrangement t'es familière et étrangère, tu voudrais la serrer dans tes bras mais pourquoi serrer dans ses bras un/une inconnu/e, d'ailleurs tu as du mal à déterminer son sexe, cette personne est androgyne, et de toutes façons quelle importance cela a-t-il? Elle semble regarder dans ta direction mais ne t'enjoint pas de venir, elle semble pourtant attendre quelque chose de toi, ta venue? tes paroles? Ton sourire? Tu ne saurais dire mais elle fredonne une mélodie qui réveille tous les sens en toi et tu vois chaque chose encore plus intensément qu'avant.

Et ce n'est qu'à ce moment là que tu te rends compte qu'il y a quelque chose dans tes mains, tu le portes depuis le début, même à ton réveil sur le banc, tu es sûre que tu l'avais. Il s'agit d'une petite boite, elle semble fermée, et tu es sûre de ne pas pouvoir l'ouvrir pour toi, et peut-être faut-il trouver pour qui? Ou est-ce plus complexe? Quoiqu'il en soit, il semble que du sang s'en échappe en un mince filet...


Que fais-tu?

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Re: Un voyage plus important encore...

Message par Gwanal le Sam 28 Jan - 23:29

"Gwanal commençait à se sentir très lasse de rester assise à côté de sa sœur, sur le talus, et de n’avoir rien à faire : une fois ou deux, elle avait jeté un coup d’œil sur le livre que lisait sa sœur ; mais il ne contenait ni images ni dialogues : « Et, pensait Gwanal, à quoi peut bien servir un livre où il n’y a ni images ni dialogues ? »
Elle se demandait (dans la mesure où elle était capable de réfléchir, car elle se sentait tout endormie et toute stupide à cause de la chaleur) si le plaisir de tresser une guirlande de pâquerettes valait la peine de se lever et d’aller cueillir les pâquerettes, lorsque, brusquement, un Lapin Blanc aux yeux roses passa en courant tout près d’elle.
Ceci n’avait rien de particulièrement remarquable ; et Gwanal ne trouva pas non plus tellement bizarre d’entendre le Lapin se dire à mi-voix : « Oh, mon Dieu ! Oh, mon Dieu ! Je vais être en retard ! » (Lorsqu’elle y réfléchit par la suite, il lui vint à l’esprit qu’elle aurait dû s’en étonner, mais, sur le moment, cela lui sembla tout naturel) ; cependant, lorsque le Lapin tira bel et bien une montre de la poche de son gilet, regarda l’heure, et se mit à courir de plus belle, Gwanal se dressa d’un bond, car, tout à coup, l’idée lui était venue qu’elle n’avait jamais vu de lapin pourvu d’une poche de gilet, ni d’une montre à tirer de cette poche.
Les longues herbes se mirent à bruire à ses pieds tandis que le Lapin Blanc passait en hâte… La Souris effrayée traversa la mare voisine avec un léger clapotis… Elle entendit le bruit des tasses à thé du Lièvre de Mars et de ses amis, éternellement attablés devant leur éternel goûter, et la voix aiguë de la Reine ordonnant l’exécution de ses malheureux invités… Une fois encore le bébé-cochon éternua sur les genoux de la Duchesse, tandis que plats et assiettes s’écrasaient autour de lui… Une fois encore le cri du Griffon, le grincement du crayon sur l’ardoise du Lézard, les faibles soupirs des cochons d’Inde étouffés, remplirent l’espace, mêlés aux sanglots lointains de l’infortunée Simili-Tortue. Elle resta ainsi, les yeux fermés, croyant presque être au Pays des Merveilles, tout en sachant fort bien qu’il lui suffirait de les rouvrir pour retrouver la terne réalité." 

Le bruit d'eau la réveille (il ne lui semblait pourtant pas qu'il y ait un cours d'eau autour d'eux et ça ne ressemble pas au son de la pluie), elle se sent en apesanteur, et si bien, tellement bien, le narguilé de la chenille en était peut-être pour quelque chose. Elle ouvre les yeux, Je ne vois d'abord rien, la lumière est trop forte mais étrangement pas douloureuse, juste trop éblouissante, progressivement elle diminue et un merveilleux décors se dessine. De l'autre côté du miroir. Une étendue d'herbe trop verte couchée par le vent. Je ne sais pas où Je suis, pas au fortin en tout cas. Je me lève du banc, sur lequel elle avait dormi, je marche dans le jardin, tout est trop chatoyant, les hautes herbes ondulent contre ses cuisses, comme vivantes, une conscience propre. Elle s'avance vers le mur, elle le dépasse d'une vingtaine de centimètres, au delà tout est terne, elle tend la main, elle perd sa couleur, elle la rétracte vite, elle retrouve sa couleur. Tu tournes le dos au mur et fais face au jardin. Je remarque alors la grosse statue du poisson koï qui crache un filet d'eau, le poisson est comme en mouvement, elle ne s'étonnerait pas de voir sa queue frétiller. Le jardin d'Eden, une prison aux mille couleurs.
"Scintille, scintille, petite chauve-souris !
Comment s’étonner que tu sois ici !
Scintille, scintille…"
Elle a envie de grimper dans sa bouche, s'asseoir en tailleur dans cette cavité aux dimensions démesurées. Mais pas encore, pas tout de suite, faire le tour du jardin, découvrir ce qu'il renferme avant d'y goûter. Tu te tournes de l'autre côté et sursautes une queue de scorpion prête à pincer, tes yeux suivent ses courbes mais ce que tu vois est une tête de poisson, tu ne comprends pas. Elle est fascinée, elle s'approche, tu n'as pas peur, l'eau de la fontaine te maintient calme. Je suis devant la bête, tu n'as pas peur, des pattes avec des griffes d'aigle, elles pourraient te déchiqueter en moins de temps qu'il ne faut pour le dire pourtant je m'approche encore et encore. L'animal se courbe devant toi, alors tu t'inclines aussi. Tu te redresses et te présente, un sourire, tu rêves où le visage de poisson vient d'esquisser un sourire? Oui elle doit rêver. Elle tend la main vers son visage, tu t'attendais à ce que les écailles soient humides et visqueuses mais c'est chaud et doux à la sensation de velours. La sculpture ferme les yeux, tu continues ta caresse.

"Un bateau, sous un ciel d'été,
Sur l'eau calme s'est attardé,
Par un après-midi doré…

Une voix, un chant? un poème?
La voix n'est pas vraiment douce, mais pas grave pour autant. Celle d'un homme ou d'une femme, elle ne pourrait dire. Le scorpion ou quoi que ça soit t'a fait un clin d'oeil. Tu lui souris et une vague de la main pour le saluer et par à la découverte de la source de la mélodie.

Trois enfants, près de moi blottis,
Les yeux brillants, le cœur ravi,
Écoutent un simple récit…

Ce jour a fui depuis longtemps.
Morts sont les souvenirs d'antan.
Dispersés au souffle du vent,

Elle tourne sur elle-même, d'où peut bien venir ce chant?
Tout on fond du jardin, une silhouette, son pouls résonne dans tout son être, elle n'entendait plus l'eau s'écouler, seul son coeur battre. Tu ne saurais dire son genre, mais qui es-tu pour juger. Après tous le genre ne veut rien dire, homme/femme/autre quelle importance, ce qui compte est d'être en phase avec soi même. Plus de Il ni d'elle juste du neutre. Pas deux états mais une multitude, chaque être est différent, pourquoi classer, pourquoi étiqueter. Plus tu te rapproche et plus la forme te semble familière, presque intime, tu en as des vertiges. Face au miroir. Que faire, continuer à avancer, ou rester là et attendre.

Sauf le fantôme radieux
De Gwanal, qui va sous les cieux
Que le rêve ouvrit à ses yeux.

Comme hypnotisé tu t'avances un pas après l'autre, guidé par un fil que l'on tire, tu te laisses entraîner vers cet autre. Tu as envie de pleurer, tu comprends, bien sûr que tu comprends. Elles coulent toutes seules sans qu'elle ne puisse rien y faire.

Je vois d'autres enfants blottis,
Les yeux brillants, le cœur ravi,
Prêter l'oreille à ce récit.

L'autre te sourit, une boîte dans ta main, elle ne l'avait pas remarqué, pourtant tu l'avais depuis le début, du sang coule de celle-ci. Je sais ce qu'elle représente ouvrir ou la garder fermer, que faire.  Tu y réfléchiras mais pas de suite, pas encore. La boîte de Pandore. Tu tends ta main libre vers cet autre, lui essuies ses larmes et lui souris. Je lui prend la main et nous avançons vers le centre du jardin, nous pourrions nager dans cette herbe ondulante main dans la main. En fait tu en as très envie, tu en ris et vous continuer votre route. Nous grimpons dans la gueule du poisson frétillant. Assise face à face, l'eau glisse sous nous sans nous mouiller mais je ne suis pas étonnée, pourquoi? Je plonge ma main et caresse l'eau puis nettoie délicatement la boîte, doucement, méticuleusement. Elle scintille.

Ils sont au Pays Enchanté,
De rêves leurs jours sont peuplés,
Tandis que meurent les étés.

De tes deux mains tu lui tends à elle, à lui, à ton autre.

Sur l'eau calme voguant sans trêve…
Dans l'éclat du jour qui s'achève…
Qu'est notre vie, sinon un rêve ?"





Extraits d'Alice aux pays des merveilles et De l'autre côté du miroir, de Lewis Carroll.
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Re: Un voyage plus important encore...

Message par Lolo le Dim 29 Jan - 22:33



L'être accepte de te prendre la main et te suit, il te semble que tes émotions lui sont contagieuses, il se met à pleurer avec toi et elle sourit également en même temps que toi. Seulement tu remarques un peu plus de détails, sa longue chevelure rousse par exemple, avec les tâches son qui parcourt son visage.
Cet être semble avoir des yeux si profonds, si nébuleux, c'est peut-être cela que tu vois à l'intérieur, une nuit étoilée qui brille de milles couleurs... Mais tu reviens sur elle, et tu te rends compte que cette personne est bien toi, elle est aussi ta mère, ton père, tous les gens que tu as connu et encore plus ceux que tu connaîtras.
Elle s'adresse soudain à toi et tu te sens apaisée, vivante, aussi bien qu'il y a peu, lorsque tu t'es confiée.


"Ma chère, je vois dans tes yeux que tu comprends le véritable sens de ta quête. Tu t'es sentie privée d'une partie de ton être toute ta vie, seulement ton corps n'est pas qui tu es, c'est bien plus que cela..."

Elle pose une main douce sur la tienne, et il se met à retirer la tienne de la boîte que tu laves si affectueusement, et elle se rapproche encore un peu.

"Tu as raison d'en prendre, soin, lorsqu'elle se brise, il est difficile de la ramener à son état originel. Mais si tu veux arrêter le saignement, il te faudra l'ouvrir à quelqu'un qui t'importe et surtout, qui te comprend vraiment."

Tu te rends soudain compte que la lumière disparaît peu à peu, et tu comprends pourquoi, la bouche du poisson se referme lentement sur vous, si tu essayes de t'échapper ou de te débattre, tu es retenue par les mains de l'être qui te regardes avec beaucoup d'affection et de compassion et absolument aucune panique. Et soudain tout devient noir, les parois semblent s'échapper et tout semble disparaître sauf les mains rassurantes de l'être.
Juste avant que la bouche ne se referme, tu jurerais avoir vu la statue du scorpion/aigle/poisson faire une moue de tristesse à ton encontre.



Le monde se met à tourbillonner, alors que tu n'as aucun point de repère dans cette immensité sombre, juste une chaleur réconfortante sur tes poignets. Et soudain la lumière se fait de nouveau autour de toi, tu es dans un lieu bien plus familier, mais pourtant étranger.

La cour du fortin s'offre à toi tu es en son centre, un grand soleil l'illumine, et les patrouilleurs s'activent autour de toi, mais étrangement tu n'en reconnais pas vraiment, bien qu'ils te semblent connus. Et soudain tu comprends que cette forge n'était pas là, et ce puits est censé être en bien mauvais état, les jardins sont défrichés, ils y a des gens qui ne sont pas habillés comme des patrouilleurs qui les parcourent et qui y travaillent.

Tout semble être en meilleur état, et pourtant sur le déclin, tu ne vois aucun/e de tes compagnons. Par contre tu remarques immédiatement une personne, une femme à la coiffure de tresses châtains entremêlées très élaborée, elle porte une cape longue d'un gris-bleu qui t’évoque l'hiver, et elle semble en armure d'écailles couleur de bronze, elle a des traits aquilins et s'entretient avec un homme vêtu de fourrures massives, peut-être d'un ourse. Il est chauve, a une longue barbe rousse et un oeil blanc qui semble avoir été perdu au combat, au vu de la cicatrice qui le balafre.

Tu vois qu'ils entrent dans une salle qui t'es familière, celle où tu avais trouvé la carte avec Alienor. Et tu es happée dans cette pièce. Elle est très fournie, il semble qu'il y ait beaucoup de parchemins, et diverses choses dont tu ne connais pas forcément l'intérêt, des végétaux, des composantes diverses. La carte est là aussi, en parfait état, et tout est inscrit dessus! Elle est magnifique à contempler. Soudain tu te rends compte qu'il y a plus que ces deux personnes dans la pièce, un vieil homme, aussi géant que maigre, attifé de plus de colifichets que tu ne peux en compter, d'une pilosité blanche en bataille et de lèvres dorées, il a aussi les yeux entièrement blancs, mais semble t'avoir remarqué, il te sourit et te désigne la discussion de la femme et de l'homme avec le bras.

Tu vois que les deux personnages sont en train de discuter, tu ne saurais dire quels mots sont prononcés, mais tu vois une extrême froideur émaner de l'échange, ils sont, vus de l'extérieur, en train de discuter cordialement, mais tu sens qu'au fond d'eux, l'un s'attend à ce que l'autre sorte les armes à tout moment. Ils semblent finir leur discussion sur un désaccord, et l'homme à la barbe rousse s'en va en grommelant quelque chose, la femme à la cape bleu de glace reste sur place pensive. Quant au géant que personne ,à part toi, ne semble avoir remarqué, regarde la scène de ses yeux aveugles.


Qui suis-tu ou avec qui restes-tu?

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Re: Un voyage plus important encore...

Message par Gwanal le Mar 21 Fév - 11:43

Plongé dans ses yeux, des choses, des personnes surgissent; subjuguant et douloureux je veux fermer les yeux mais elle m'apaise.
Elle parle, je ne sais pas si je comprend ce qu'elle me dit.

Je me sens oppressé, je ne sais pourquoi je suis dans cette bouche, je pensais que ça serait amusant, de plus le son de l'eau a un pouvoir calmant mais pas là. Il boude? La sculpture boude? Je me sens mal, j'ai blessé un ami, la bouche se referme, juste le temps de lui faire un signe de la main. Elle me tient toujours.  Tout tourne, les couleurs s'emmêlent, je veux revoir ce jardin. Un premier rêve absurde dont je ne me souviens que la sensation puis je suis passée dans un qui me semblait si réel, si palpable, si véritable. Un autre niveau, où vais-je atterrir?

Je suis seule, elle n'est plus. La foule fourmille tout autour de moi. Ma présence ne choque personne, pourtant la leur me perturbe. Pourquoi autant de monde dans ce lieu abandonné. Non il ne l'est pas. Rien n'est détruit. Tout est intacte, Est-ce vraiment un rêve? Suis-je dans le passé? Comment? Pourquoi? Je n'arrive pas à réfléchir, dans ma tête tout fuse si vite, coeur si fort. Ne pas paniquer. Se calmer. Respirer. Avancer. Suivre. Cette pièce. Cette carte. J'en rirais presque.

On te sourit, quelqu'un semble enfin remarquer ta présence, tu lui souris en retour. Aurait-il ressenti ta présence plus qu'il ne te voit? Il a l'air aveugle. Mais voit-on qu'avec les yeux? Tu es bien placer pour savoir que tout n'est pas ce qu'il semble être. La vision est le sens le plus important, où du moins celui sûr lequel on s'appuit le plus pourtant il est le plus trompeur. Une dispute me sort de mes pensées. La femme que j'ai suivit a une discussion animée avec un homme. Ils finissent par se séparer, je n'ai pu entendre le sujet de leur querelle. Que faire? Je devrais la suivre pourtant je reste avec ce vieil homme au sourire d'or, il semble avoir la connaissance et surtout il sait que je suis là. Je me rapproche doucement.

"Bonjour, vous semblez être le seul à me remarquer, n'est-ce pas? Pourquoi?". "Savez vous pourquoi ils se disputaient et qui sont-ils?" . Tant de questions, trop de questions me submergeaient.
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Re: Un voyage plus important encore...

Message par Lolo le Ven 3 Mar - 18:13

L'immense homme dégingandé te regarde, enfin... tourne la tête vers toi et te gratifie d'un large sourire de ses lèvres dorées. Il acquiesce lentement lorsque tu lui dis qu'il est le seul à te voir. Il tend un de ses bras fin vers une feuille de parchemin, reposant sur un pupitre, et lorsqu'il essaie de la bouger, elle reste immobile.
Il s'adresse à toi d'une voix calme et posée, une de celle que les conteurs utilisent pour mettre les auditeurs dans l'ambiance, lors des veillées autour d'un feu de camp.

"Je suis le seul à te remarquer car nous sommes les seuls à ne pas être présents. Il est des choses que les yeux ne peuvent voir, et l'une d'elle est le temps, il se ressent.
Peut-être cette salle t'est familière, mais elle est aussi différente, ce qui se passe ici, se passe-t-il réellement? s'est-il passé? ou aurait-il pu se passé?"


Il s'ébroue soudainement, longuement, faisant teinter tout ses colifichets d'os et de plumes ensemble, son sourire ne quitte pas son visage, et il semble toujours regarder au-delà du monde avec ses yeux morts.

"Tu es curieuse, enfant, et cela sera ton fardeau et ta force, tu ne l'enlèveras jamais et tu le brandiras toujours. Tu découvriras des secrets, et tu tenteras de garder les tiens cachés.
Tu apprendras patience et persévérance et la plus dure des leçons sera l'abandon, car personne ne peut tout savoir."


Il tend ses deux bras vers l'avant, vers toi et les arrête, il ferme les poings, la paume tournée vers le sol, et avance la bonne main lorsqu'il la cite.

"Touches ma main droite et tu sauras de quoi ils parlaient,
Touches ma main gauche et tu sauras qui ils sont.
Tu ne peux toucher les deux, mais l'une peut te faire comprendre l'autre.
Mais avant, enfant, désires-tu me poser une autre question?"

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Re: Un voyage plus important encore...

Message par Gwanal le Ven 3 Mar - 23:31

Calmé, une bulle d'intimité autour de nous, je m'amuse, discuter avec cet homme, ce sage m'amuse, à toute vitesse des pensées, des idées, des opinions jaillissent comme un jeu entre nous. Une enfant face à un professeur pleins de questions, une soif de savoir.

"La vision n'est pas le sens le plus fiable, ce que je vois n'est peut-être pas réel, il ne l'est pas j'en suis certaine, voyager dans le temps n'est pas possible, pas physiquement en tout cas. Mais la certitude est nulle, la vérité n'existe pas. Elle peut l'être à l'instant où je la dis mais fausse dès l'instant où j'aurais fini de l'énoncer. Elle peut être pour l'un et ne pas l'être pour autrui. On ne peut faire revenir la vérité, ou alors en morceau mais en aucun cas dans son entièreté, si elle n'est entière alors elle ne peut être vrai. La vérité est une construction, une déconstruction et une reconstruction.

Je ne croit pas à la vérité. On a besoin de vérité.
Un récit répond à une demande de vérité : il faut raconter ce qui a eu lieu, une scène de sur-vision qui touche à l'aveuglement, à l'origine invisible de la visibilité.

Il faut la vérité.

J'ai dit être certaine, qu'elle idiote.  L’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit.  Je sais que je ne sais pas, oui je suis curieuse, j'aime savoir, mais la vérité n'existe pas elle évolue, ce que je sais aujourd'hui ne le sera peut-être pas demain, je ne veut pas abandonner, et je ne veux pas tout savoir, car le jour ou j'aurais la certitude de tout savoir alors ça sera la fin, je serais la plus ignorante. Oui la curiosité est ma force, je n'ai qu'elle et elle est pour moi la plus importante. Nous sommes pareil n'est-ce pas? Vous aussi vous êtes curieux, vous voulez connaître, mais vous voyez bien mieux que moi qui suis encore aveugle. Est-ce qu'on se reverra? J'aimerai pouvoir discuter encore avec vous, ça me plait énormément, je m'amuse beaucoup, merci.

la première chose qu'il faut connaître est ce que l’on est soi-même.

Le touché est le sens primordial, il est le seul qui procure une certitude immédiate. Les yeux sont touchables/intouchables : en tant qu'ils sont visibles, ils se voient; mais en tant qu'ils sont voyants, ils sombrent dans la nuit. Si les yeux se touchent, c'est en aveugle. Et pourtant, quand je croise un regard, c'est bien l'autre qui m'approche, l'autre, ce voyant, c'est lui qui me salue, qui me touche et - peut-être - prend soin de moi."

Je pose délicatement ma main sur la sienne, la droite.









Inspiré des idées d'Aristote et Derrida.
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